Presse

Novembre 2012 – Le Progrès

Mars 2007 – Crid’Art

Septembre 2006 – Bernachon


Décembre 2003 – Lyon Femme

Décembre 2002 – Artension

Aout 2002 – Le Progrès

Juillet 2002 – Le Dauphiné Libéré

Juin 2002 – La renaissance

Janvier 2002 – Le Progrès

Avril 2001 – République Centre-Ouest

Janvier 2001 – Accrochage N°23





LES PERSONNAGES-TRONCS DE CHANTAL ROUX, peintre

par Jeanine Rivais

Pourquoi les personnages de Chantal Roux n’ont-ils jamais de jambes ?
Parce qu’ils ne vont nulle part, bien sûr ! Ils sont d’ailleurs toujours incomplets, comme si chez eux, la fonction créait l’organe : ainsi, ont-ils tous des bras, qui leur sont indispensables pour supporter leur tête, lorsque pendant des heures, ils restent immobiles, les yeux dans le vague, plus souvent clos, comme pris d’ennui ou de somnolence ! Et puis, ils ont des mains, pour caresser leur chat, nourrir leur poisson rouge, ou battre les cartes quand ils sont en veine d’intense activité ! Ils sont tous pourvus d’une tête, aussi, pour montrer qu’ils ne pensent pas, qu’ils sont là, certes, mais complètement introvertis ; que rien ne peut pénétrer sous leur crâne chauve et venir les perturber ! N’auraient-ils pas de cheveux ? Non, pour permettre à l’observateur de se concentrer sur l’ovale de leur visage, sur leur large menton mafflu ou au contraire pointu en galoche ; sur leur gros nez épaté et leur bouche toujours close ! Ils doivent donc être bien laids? Même pas, anonymes, bâtis finalement sur un stéréotype, comme aux heures de pointe dans le métro, se fondent tous les visages dans un morne anonymat : à ceci près que Chantal Roux les peint seuls ou par deux ; à trois au plus, parallèles et non pas « ensemble », pour exacerber la certitude qu’entre eux n’existe aucune complicité, ni même aucune relation ! Qu’ils sont là, côte à côte, remplissant la surface du tableau, ne laissant dans leur huis-clos sans décor, la place qu’à un seul objet (oeuf sur le plat, verre, cartes, énorme
Religieuse
…), comme si, dans la quotidienneté qu’elle leur impose, l’artiste provoquait soudain en eux une sorte d’étincelle les amenant, l’espace d’un instant, à magnifier quelque chose de banal qui se retrouve toujours au premier plan!
Pour échapper à cette sorte d’angoisse diffuse générée par tant de vacuité, le visiteur opère alors un retour sur image ; considère la science avec laquelle Chantal Roux, pourtant totalement autodidacte, l’a fait entrer immédiatement dans son univers composé d’impressions brèves qui ont pu la frapper au coin d’une rue,
Au pied de l’escalier
, n’importe où… et se sont figées en autant de souvenirs vivaces ! Si présents, si pesants, qu’elle les a intégrés à sa propre biographie et a « dû » les transcrire picturalement !
Son travail est lui-même une sorte de lourd cheminement fait d’épaisses couches de peinture appliquées sur la toile ou le papier et raclées au couteau jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien, sauf une sorte de trame impossible à détruire. L’artiste dessine alors le personnage qui devient, dans un premier temps, une surface noire sur laquelle elle revient avant dessiccation : les couleurs se fondent donc par endroits ; des plages noires peuvent transparaître ; un rouge ou un bleu dominer ; un bord se dissoudre en bavures incontrôlées… Le peintre progresse à grands traits du couteau, qui se chevauchent, s’interpénètrent, se retrouvent bord à bord… de sorte que les couleurs de Chantal Roux sont toujours « sales », sans que ce mot soit péjoratif : il corrobore simplement son sentiment que le quotidien n’est jamais éclatant ; qu’en toute chose, en tout événement, prédomine la grisaille !
Ainsi génère-t-elle des individus aux frontières de l’autisme, fagotés dans des vêtements informes et imprécis ; des êtres sans aucune connotation temporelle, sociale, ou sociologique ; en une oeuvre puissante et singulière, qui l’écarte par sa réflexion personnelle, de la création brute ; qui est par moments un peu naïve; le plus souvent expressionniste !






Article paru dans le « Bulletin de l’Association des Amis de François Ozenda » , dans la revue « Idéart » et la revue suisse « Accrochages » 

Février 2001 – Marie-Claire

Janvier 2001 – Lyon Figaro

Janvier 2001 – L’Express Magazine

Janvier 2001 – Le Progrès

Décembre 2000 – Lyon Poche

Janvier 1998 -Lu et approuvé – Le Progrès

Octobre 1996 – Le Progrès

Juillet 1996 – L’eveil

Février 1996 – Salon du manuscrit

Mai 1995 – L’impartial

Juin 1994 – Calendart

1994 – Calendart